« Je m’en viens prendre soin de vous » ou comment humaniser les soins en CHSLD en Estrie
Prioriser la relation avec le résident « avant la tâche » peut tout changer quand on travaille dans un CHSLD. La préposée aux bénéficiaires Isabelle Moisan en est si convaincue qu’elle a persuadé la direction du CIUSSS de l’Estrie - CHUS de donner à tous les employés la formation en Approche relationnelle de soins, surnommée ARS. Ces trois lettres suffisent à faire briller les yeux de la formatrice. Ça fait toute la différence. C'est là qu'on obtient l'accord du résident, quand on entre en relation avec eux. Laisser choisir la résidente entre deux chandails, par exemple, peut faciliter la suite de la journée. Isabelle Moisan reviendra en juin travailler au CHSLD de Lac-Mégantic. En ce moment, elle est à Sherbrooke pour donner des formations sur l'approche relationnelle des soins (ARS). Photo : Radio-Canada La formation qu’elle donne depuis l’automne est théorique, mais aussi terrain. Cogner à la porte avant d’entrer, faire la conversation, regarder l’autre dans les yeux : les petits gestes privilégiés par l’ARS sont nombreux. Et au CHSLD de Lac-Mégantic, même si les employés n’ont pas encore reçu la formation, respecter le rythme de sommeil du résident est central. Résidente au CHSLD de Lac-Mégantic, Janita Richard peut en témoigner. Elle apprécie la façon dont Isabelle lui parle quand elle travaille sur le plancher. Janita Richard était ravie de revoir Isabelle Moisan. La préposée aux bénéficiaires lui a confirmé avec le sourire qu'elle sera de retour au CHSLD de Lac-Mégantic à la fin du mois de juin. Photo : Radio-Canada / Christine Bureau Chargée de projet pour les CHSLD au CIUSSS de l’Estrie - CHUS, Anne-Marie Robillard a tout de suite été convaincue par la formation proposée par Isabelle Moisan. Les échos qu’elle reçoit du terrain sont positifs. [Les employés] aussi se sentent beaucoup moins fatigués après leur quart de travail. [...] Ça améliore beaucoup leurs conditions de travail. L'objectif est de former 1000 employés du CIUSSS de l'Estrie - CHUS d'ici 2026, soit un pour chacun des établissements. Les préposés aux bénéficiaires, infirmières et infirmières auxiliaires sont notamment visés. À terme, 4000 employés la recevront. Isabelle Moisan assure que la différence se fait déjà sentir sur les étages où les employés ont reçu la formation. Tout le monde aime ça se faire dire : "Je m'en viens prendre soin de vous" La formation, qui émane de l’Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail du secteur des affaires sociales, a d’ailleurs reçu autant le soutien du CIUSSS de l’Estrie - CHUS que des organisations syndicales. Je pourrais en parler toute la journée
, lance-t-elle avec un grand sourire. Préposée aux bénéficiaires depuis 13 ans, elle a suivi il y a sept ans la formation ARS. C’était dans un autre CIUSSS et depuis, elle ne s’en passerait plus. J'ai juste eu le goût de passer la bonne nouvelle, d'expliquer aux gens la différence que ça fait quand qu'on travaille avec l'approche relationnelle de soins
, plaide-t-elle.Si, après ça, la résidente est réactive à vouloir faire sa toilette, je lui dis : " Vous avez choisi votre chandail. Pour le mettre, il faut qu'on fasse votre toilette. Après ça, on va pouvoir mettre votre chandail ", illustre-t-elle. Ça m'aide à avoir la collaboration des résidents.

Un travail d'accompagnement
[Les employés] sont sur leur quart de travail et s’ils ont des résidents qui ont plus de difficultés, je vais avec eux sur leur propre quart de travail. J'y vais de jour, de soir et de nuit, je fais les soins avec cette personne et après ça, on en discute ensemble; on pourrait essayer ça à la place.
Ça aussi ça fait partie de l'approche relationnelle de soins. C'est que les gens, ils se réveillent quand ils veulent se réveiller. Depuis que ça a été instauré, on a vu une grosse amélioration. Les préposés sont plus contents parce qu’il y a moins de résidents qui s'opposent aux soins. Ils sont en forme, ils ont le goût de se lever et souvent, ils ont faim quand on arrive pour faire les soins
, note-t-elle.On parle de toutes sortes de choses avec elle. Parce que quand tu te fais parler comme si tu dérangeais quelqu'un, ça ne va pas bien...Tu feel pas bien pour la journée
, confie-t-elle. 
Des conditions de travail « améliorées »
Au niveau de leur sentiment de satisfaction au travail, ça les aide beaucoup. C'est une relation qui se développe, qui s’améliore avec les résidents
, remarque la gestionnaire.Au lieu de dire : " Moi je fais Monsieur Untel, moi je fais Madame Unetelle ", ils vont plutôt dire : " C'est moi qui prends soin de Monsieur Untel aujourd'hui". Ça fait une différence juste dans la façon de parler, on sent l'approche différente et il y a beaucoup d’entraide entre les employés
, estime-t-elle.
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